vendredi 30 octobre 2020

Continuité écologique : Le seuil de Coutras sur la rivière Dronne

La ville de Coutras doit lancer sous peu la réalisation d’une rivière de contournement qui restaurera la continuité écologique au niveau du seuil de Coutras.

La rivière Dronne

La Dronne est un grand affluent du bassin versant de la Dordogne. Cette rivière, longue d’environ 200 kilomètres, intéresse 4 départements différents, dont celui de la Gironde dans sa partie la plus aval.  Son réseau hydrographique comporte une soixantaine d’affluents et abrite des milieux et des habitats d’intérêt avec un fort potentiel notamment pour les poissons grands migrateurs tels l’anguille, l’alose, les lamproies et les salmonidés.

De nombreux ouvrages hydrauliques anciens jalonnent la Dronne. Un certain nombre pose des problèmes de franchissement à la faune piscicole. La rivière fait l’objet d’une reconquête de la continuité écologique jusqu’à Brantôme (département de la Dordogne) ce qui concerne environ 40 ouvrages faisant obstacles. Parmi les trois ouvrages hydrauliques qui se situent en Gironde, le seuil de Coutras est le premier seuil difficilement franchissable rencontré par les poissons migrateurs.

Carte-BV-Dronne - Le bassin de la Dronne - © EPIDOR

La localisation et la nature du seuil de Coutras

Le seuil de Coutras se situe à moins de 2 km en amont du confluent Dronne- Isle. Il est implanté dans le bourg même de la ville et il appartient à la commune.

En condition d’étiage, le seuil génère une chute de 2,30 m et d’une rive à l’autre, sa longueur avoisine les 80 m de long. Cet ouvrage massif existe depuis le XVIème siècle. A l’origine, il était associé à un moulin construit en rive gauche. Au début du XX siècle, le site fut transformé en minoterie. Plus tard, une usine prenait le relais. Aujourd’hui, le seuil est le seul organe vestige de l’ancien usage de la force hydraulique de l’eau à cet endroit.

Le seuil de Coutras (le seuil à basses eaux et à hautes eaux) – © ECOGEA

Un ouvrage déjà aménagé

Il y a environ 40 ans, la ville de Coutras a fait construire un clapet mobile de décharge sur le seuil, en rive gauche, à la place d’une ancienne écluse.

Le clapet mobile du seuil (vue depuis la rive gauche) - © ECOGEA

En 1996, des travaux de réaménagement et d’équipement ont été menés afin de permettre aux poissons migrateurs de franchir l’obstacle. Une passe à poissons a été installée en rive droite ainsi qu’une passe spécifique à anguille. Cette dernière est aujourd’hui disparue. Ces dispositifs de franchissement répondaient à unclassement datant de 1989.

Passe à bassins et ancienne zone d’implantation de la passe à anguilles (vue depuis l’aval période d’étiage septembre 2014) - © ECOGEA

En 2015, suite à l’étude menée par le bureau d’étude ECOGEA pour le compte d’EPIDOR, le diagnostic mettait en avant un déséquilibre des hauteurs de chutes entre les 6 bassins de la passe existante. Cette dernière était mal adaptée pour la quasi-totalité des espèces piscicoles migratrices ciblées, que cela soit à basses eaux ou à hautes eaux, hormis pour les salmonidés.

 Vers une continuité écologique assurée

Au vu des conditions de franchissement peu satisfaisantes sur cet ouvrage et de son positionnement majeur sur le bassin versant, plusieurs scénarios ont été envisagées à partir de 2015 pour rendre ce seuil véritablement transparent.

Avec le soutien étroit du SABV Dronne avalet après plusieurs esquisses de solution et de projets, la ville de Coutras a souhaité s’orienter vers une solution d’aménagement mixte combinant le franchissement piscicole et celui d’embarcations nautiques (canoë-kayaks). Le dispositif est du type rivière de contournement adapté au site notamment sur le plan paysager. De plus, il nécessite un entretien limité.

Le projet de la rivière de contournement

Implantation de l’aménagement

Le linéaire de la future rivière de contournement sera d’environ 300 m. Son débouché sera positionné en aval immédiat du seuil pour avoir une entrée piscicole et une attractivité optimale.

L’entrée hydraulique et le tracé de la rivière sont plus ou moins imposés par la présence des infrastructures existantes (guinguette, pont routier en aval, sanitaires, remblai routier en rive droite, parking actuel) et une future aire de camping-car.

Entrée hydrauliques potentielles de la rivière de contournement © ECOGEA
Sortie hydrauliques potentielles de la rivière de contournement © ECOGEA

Caractéristiques du lit de la rivière artificielle

Le lit présentera un profil et un caractère « naturel » avec des berges protégées par des protections végétales renforcées. La pente moyenne du dispositif recherchée sera faible inférieure à 0,75%. Le profil en long sera égrainé de petits seuils et d’épis pour diversifier les écoulements. Au niveau des zones d’activités et d’infrastructures (zone proche du parking, guinguette) la rivière aura une pente douce, plus adaptée à ce lieu dédié à la détente. La zone aval, vers le pont de la RD10, devrait présenter une pente un peu plus forte.

Exemples de tronçons de rivière de contournement aux pentes variables © ECOGEA

Les Grandes Pâtures sur l’Eure (pente moyenne de 0.2 %)
Strasbourg sur le Rhin (pente moyenne de 0.8 %)
Saint Victurnien sur la Vienne (pente de 1.25 %)

Des travaux lancés sous peu

La ville de Coutras a retenu les entreprises Socama (Maître d’oeuvre) et Vinci (entreprise mandataire des travaux). Les travaux d’aménagement de la future rivière de contournement devraient durer huit mois et débuter en septembre 2020. A suivre !

À propos Laure

Voir aussi

Pseudorabora parva

Le pseudorasbora, une espèce invasive et pathogène