lundi 29 novembre 2021

La restauration des rives du lac de Carcans-Hourtin suivie de près !

Depuis 2020, la Fédération participe à un suivi de la restauration des rives du lac de Carcans-Hourtin piloté par le Syndicat Intercommunal d’Aménagement et d‘Etude des Bassins Versants des Etangs du Littoral Girondin (SIAEBVELG). A partir d’un protocole national développé par l’Institut National de Recherche pour l’Agriculture, l’Alimentation et l’Environnement (INRAE) et mis en œuvre sur plusieurs plans d’eau français, la Fédération suit la faune piscicole pour évaluer l’effet de la restauration de certaines rives du lac de Carcans-Hourtin.

Le lac de Carcans-Hourtin à Bombannes

Pourquoi restaurer les rives du lac de Carcans-Hourtin ?

Ces milieux présentent de forts enjeux patrimoniaux :

  • Support de végétations et abris,
  • Zones de reproduction et d’alimentation pour la faune,
  • Protection contre l’érosion (berge sans végétation soumise à l’érosion par le batillage, le vent…),
  • Préservation de la qualité de l’eau par l’oxygénation des sédiments et la colonne d’eau grâce à la végétation aquatique.
Littorella uniflora
rive de lac (source SIAEBVELG)
alevin de brochets (source SIAEBVELG)

Cependant certaines rives du lac sont soumises à des pressions humaines, du fait de leur accès facilité en période estivale (faible hauteur d’eau) : circulation motorisée et piétonne, le mouillage de bateaux…

exemples de pression (circulation motorisée, nautisme)

Ainsi le SIAEBVELG et ses partenaires (collectivités, gestionnaires d’espaces, chasseurs, pêcheurs, partenaires techniques…) mettent en œuvre des actions depuis plusieurs années pour les préserver : communication, sensibilisation par le biais de plaquettes, amélioration des connaissances, encadrement des accès…

Dans le cadre du projet lancé au niveau national par l’INRAE en 2019, le SIAEBVELG veut aller encore plus loin dans la restauration de certains sites et suivre leurs effets.

Les secteurs concernés et les suivis réalisés

Deux types de milieux sont suivis (cf Figure 1) : des roselières (sites A en rive Ouest) et avec de la végétation amphibie (sites B en rive Est).

Roselière
végétation amphibie

Afin d’évaluer au mieux les effets de la restauration pour chaque milieu, 3 sites sont suivis :

  • le site « témoin non altéré » c’est-à-dire en bon état,
  • le site « altéré témoin » qui ne fera pas l’objet de restauration,
  • le site « altéré à restaurer » qui sera restauré.
Figure 1 : Localisation des sites suivis (source photos : Vincent Bertrin INRAE)

Ces sites sont suivis avant restauration en 2020 et 2021 puis après leur restauration dès 2022.

Trois grands types de suivis sont réalisés :

  • La flore et les habitats par l’INRAE et le SIAEBVELG,
  • Photographies par le SIAEBVELG et par drône par le Département,
  • La faune piscicole par la Fédération.

 Premiers résultats de 2020 sur les poissons

Afin d’être le plus efficace possible des pêches électriques à pied couplées à des poses de nasses sont mises en œuvre.

Pêche électrique et nasse

Résultats sur les roselières (sites A)

Des poissons ont été observés uniquement sur le site témoin non altéré (Anse de Gaouléou) avec des juvéniles de perches communes et de gardons. En effet sur cette zone non impactée, la végétation est diversifiée et dense contrairement aux 2 autres zones (aucune végétation ou homogène et moyennement dense)

Perche commune

L’écrevisse de Louisiane était quant à elle présente sur les 3 sites montrant sa capacité d’adaptation quelque soit le milieu.

Résultats sur les végétations amphibies (sites B)

Globalement 8 espèces de poissons et deux d’écrevisses ont été observées. Des juvéniles étaient principalement présent à part pour les anguilles (anguille jaune) et les grémilles (1 an d’âge).

anguille jaune
Grémille

La figure 2 montre que le plus grand nombre d’individus est présent sur le site témoin non altéré. En effet sur ce site, la végétation aquatique est diversifiée et dense sans zones nues (sable) alors que le site altéré à restaurer présentait plusieurs zones avec uniquement du sable et des recouvrements importants en végétation de densités faibles à moyens.

 

figure 2

Ces premiers résultats montrent l’importance de la présence de la végétation des rives du lac pour abriter et nourrir la faune piscicole. Leur préservation et leur restauration est essentielle au maintien de la qualité des peuplements de poissons du lac !

Et tout le monde à son niveau peut y participer :

Source : SIAEBVELG et Communauté de Commune des Grands Lacs

En 2021, le suivi continue avant le début des travaux de restauration prévus pour 2022 ! A suivre !

Voir aussi

A la découverte de l’Etang de la Chataignière