En 2025, la Fédération de pêche de la Gironde a mis en place un nouveau protocole de suivi des étiages. Celui-ci est déjà utilisé par de nombreuses autres Fédérations de Nouvelle-Aquitaine. Nous vous présentons ici notre premier bilan des étiages 2025.
Carte des cours d’eau suivis par la Fédération en 2025
Quel climat en 2025 en France et en Gironde ?
Revenons d’abord un peu sur le bilan météorologique de cette année 2025. La pluviométrie est légèrement déficitaire dans l’ensemble en Gironde, avec un déficit annuel de 85mm sur la station de Bordeaux-Mérignac (-9% par rapport à la normale 1991-2020). Dans le détail, après une année 2024 arrosée et un hiver 2024-2025 humide, le printemps, puis surtout l’été, ont tout de même été très secs sur notre département, en particulier sur le quart sud-est.

Cumuls de précipitation en France métropolitaine par rapport à la normale 1991-2020

Détail sur le bilan estival (1er juin – 31 août)
L’année a aussi été particulièrement chaude au niveau national. C’est la quatrième année la plus chaude depuis le début des relevés Météo-France derrière 2022, 2023 et 2020. En Gironde seul le mois de septembre est conforme aux normales sur la station de Bordeaux-Mérignac.

Ecart mensuel aux normales à Bordeaux-Mérignac (bilan Infloclimat.fr, d’après données Météo France)
Les mois de juin et d’aout ont été particulièrement chauds. Il y a eu des vagues de chaleurs importantes et de très nombreux records ont été battus dans notre département.

La moitié Est de la Gironde a vu ses records de températures tous battus en 2025
En conclusion, l’été 2025 a été très chaud et plutôt sec en Gironde. Alors quel a été son impact sur nos cours d’eau ?
Le suivi linéaire des étiages
La protocole que nous avons utilisé a été mis en place par de nombreuses Fédérations, avec l’aide de l’ARB-NA. Les données récoltées sont disponibles en ligne. Là où la plupart des suivis réalisés sur la thématique en France se font par une observation ponctuelle, au niveau d’un pont, ce protocole permet d’avoir une image de l’étiage sur la totalité du cours d’eau, de sa source jusqu’à l’aval. C’est donc un suivi linéaire, permettant d’évaluer plus finement les impacts de l’étiage sur nos cours d’eau, et de mieux comparer les années entre elles. Le suivi est réalisé de juin à octobre, tous les 15 jours. Voici à titre d’exemple les résultats obtenus sur un des secteurs suivis : le ruisseau de Dubern, affluent rive droite de l’Eyre, entre le Barp et Salles.

Résultats obtenus sur le Dubern : bleu = écoulement satisfaisant, jaune = écoulement visible faible (stress pour la faune piscicole), orange = zones sans eaux/flaques, rouge = assec

On constate que l’étiage est relativement marqué dès juillet. Ensuite, la situation se dégrade fortement après la vague de chaleur du mois d’aout. Début septembre, plus de 40% du linéaire parcouru est en écoulement faible ou pire, avec une situation particulièrement critique sur le ruisseaux des Lassieux.
La même tendance est observée au niveau de l’ensemble des cours d’eau suivis. La situation est assez préoccupante en septembre, notamment sur les cours d’eau du nord-Gironde, plus sensibles aux étiages. Les secteurs amont sont assecs sur tout le réseau.

Les résultats de la campagne de mi-septembre en Gironde
Ce nouveau réseau permettra donc désormais de mesurer l’intensité de l’étiage chaque année. Ainsi il sera possible d’alerter le grand public, les scientifiques et les services publics sur l’état de nos cours d’eaux girondins au cœur de l’été. Les cours d’eau du réseau seront tous à nouveau suivis en 2026. Des enregistreurs de température seront aussi installés afin de surveiller que les eaux ne dépassent pas des valeurs critiques durant les étiages.



