Le canal des Moulins ouvre la voie sur le bassin versant de la Livenne

30.10.2023 | Actualités

La gestion du bassin versant de la Livenne

La Communauté de Communes de l’Estuaire (CCE) assure depuis le 1er janvier 2020 la gestion de l’ensemble du bassin versant de la Livenne. Ce réseau hydrographique s’étend sur les départements de la Gironde et de la Charente Maritime.

Le bassin versant de la Livenne – son réseau hydrographique et ses zones Natura2000 (source https://www.cc-estuaire.fr/)

De tous les affluents de l’estuaire de la Gironde, la Livenne est la rivière la plus longue (43 km). Son exutoire se situe à 50 km en amont de l’embouchure de l’estuaire de la Gironde. Le linaire total de cette rivière et de ses affluents représente environ 500 km. L’essentiel des actions de la CCE se concentre sur près de la moitié de ce linéaire et porte sur la préservation de la ressource en eau, la protection de l’environnement, ainsi que la prévention des inondations.

Ce territoire abrite encore plusieurs espèces menacées à l’échelle nationale et internationale. Parmi les espèces animales emblématiques, on retrouve notamment certains poissons migrateurs comme la lamproie fluviatile ou l’anguille, ainsi que des mammifères comme le vison d’Europe ou la loutre d’Europe.

Une délégation de travaux bienvenue

Fort de son engagement en faveur de l’environnement, la CCE n’attend pas 2020 et l’élargissement de son périmètre d’action. En effet, dès 2016, elle porte des études préalables à la restauration de la continuité écologique au niveau des ouvrages hydrauliques qui bloquent ou perturbent le transit naturel des sédiments et le déplacements des espèces piscicoles.

Ces obstacles sont répartis sur la rivière Livenne et sur le canal des Moulins. Ce canal est parallèle à la Livenne aval depuis Saint-Aubin-de-Blaye jusqu’à Braud-et-Saint-Louis. A l’origine, le canal des Moulins débute sur la Livenne au niveau du Moulin de Vignolles (commune de Marcillac). Cependant, depuis la construction de l’autoroute A10 et la suppression de la partie aval du bief du moulin de La Coudre, il n’est plus alimenté par la rivière. Il est connecté directement aux ruisseaux de Ferchaud et du Haut-Pont. Long de près de 7 km, il s’écoule jusqu’aux marais de la Vergne.

Dès 2019, grâce aux accords passés avec les propriétaires privés de seuils de moulin, la CCE est en mesure de concrétiser des travaux au niveau du canal des Moulins. Elle décide de porter une maitrise d’ouvrage déléguée au titre des travaux qui sont à mener sur 4 ouvrages hydrauliques.

Le moulin Neuf est l’ouvrage le plus aval sur le canal des Moulins. Il se situe sur la commune de Braud-et-Saint-Louis. Après avoir saisi l’opportunité d’une vente, la CCE rachète le site en août 2018. Le choix d’effacer le seuil est alors fait afin de permettre une transparence à la fois totale, pérenne et deux fois moins onéreuse que l’aménagement d’une passe.
En mars 2020, les travaux sont terminés. En août 2021, après des travaux de rafraîchissement de l’habitation, la CCE revend le bâtiment du moulin, réalisant ainsi une opération financière blanche.

A partir de 2020, afin de vérifier la bonne circulation piscicole sur le canal des Moulins et en amont de celui-ci, la CCE demande à la FDAAPPMA33 de réaliser un suivi scientifique piscicole plus poussé sur cette partie du bassin versant.

Des pêches d’inventaire supplémentaires vont alors encadrer les phases avant et après travaux.

Environ 2 km en amont, dès la fin de novembre 2020, les travaux de dérasement débutent au niveau du seuil de l’ancienne laiterie d’Azac. La protection des berges, un reprofilage du lit et la création d’une passerelle bois, en remplacement de celle existante, apportent une plus-value au site. La réception des travaux a lieu en mai 2021.

A environ 1 km en amont du site d’Azac, d’autres travaux démarrent déjà en avril 2021. Le Moulin de La Lande reçoit un chantier d’aménagement d’une petite passe à 3 bassins au niveau de son seuil. Là aussi, des mesures d’accompagnement permettent une protection des berges en aval de la passe et la pose d’une nouvelle passerelle aux normes. A la mi-juin 2021, la réception des travaux a lieu.

En l’espace de quinze mois, trois tronçons du canal représentant un total de près de 6 kilomètres linéaires sont rendus accessibles pour les poissons migrateurs.

Le dernier moulin concerné, situé à près de 2 km en amont est le Grand Moulin. Ouvrage nettement plus conséquent que ceux abordés précédemment, il est aussi le plus complexe. Cet ouvrage régule les débits aval qui alimentent le canal.

Le Grand Moulin possède deux seuils de décharge qui peuvent délester une partie des eau en direction de la Livenne. Le plus amont est situé sur le ruisseau des Hauts Ponts. L’autre seuil se trouve à l’aval de la confluence avec le ruisseau de Ferchaud. Il possède 3 vannes automatisées. Le moulin proprement dit, est, lui, équipé de 3 vannes. Deux d’entre elles permettaient d’alimenter d’anciennes turbines.

  • Le chantier commence au mois de mars 2023. Il s’agit de buser temporairement le canal et de dériver les eaux afin de permettre un travail à sec. Cependant, très rapidement, de fortes pluies se produisent et forcent le passage. En urgence, un enrochement est pratiqué pour éviter l’éboulement de la rive. Un mur étanche est également levé pour éviter que l’eau n’entre dans la tranchée.
  • Après cet épisode de stress, le chantier reprend. Une canalisation de gaz est déplacée. Il est nécessaire aussi de rehausser toutes les vannes afin d’alimenter préférentiellement la future passe. Longue de 26 mètres, la passe à poissons est composée de 9 bassins qui contournent l’ouvrage du Grand Moulin. Cet aménagement conséquent doit compenser une hauteur de chute de 1,4
  • La durée du chantier de 2 mois, telle que prévue à l’origine, s’allonge. Elle s’étend finalement sur plus de 8 mois du fait d’ajustements techniques. Certes, les travaux au Grand Moulin sont à la fois longs, compliqués et coûteux mais ils sont conçus pour être durables.

La « mission canal des Moulins » est accomplie pour la CCE en cette fin d’année 2023. Une opération rondement menée, tournée vers l’avenir, avec pour objectif la reconquête du milieu par des espèces menacées de disparition et qui font l’identité du territoire.

Le suivi piscicole se termine en 2024. Les résultats permettront de savoir quelles espèces piscicoles sont bien au rendez-vous de la restauration engagée.

A venir, la restauration de la continuité écologique de la rivière Livenne, à laquelle s’ajoutera un important volet de préservation de ses zones humides. Des défis passionnants !

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